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L'Université Laval : première université canadienne à sortir des combustibles fossiles

Le Nid du Colvert | Le 28 février 2017 | Laissez un commentaire
Photo: L'Université Laval : première université canadienne à sortir des combustibles fossiles

(Crédit : Cephas via Wikimedia Commons)

Par Karel Mayrand

Le 15 février 2017 passera à l'histoire comme une journée marquante dans notre longue marche pour sortir des combustibles fossiles. L'Université Laval est devenue la première université canadienne à se joindre au mouvement global de désinvestissement des combustibles fossiles. L'annonce a été faite le jour même où l'université était classée deuxième au monde, et première au Canada, en matière de développement durable. Il s'agit d'une première brèche dans un mur que plusieurs croyaient infranchissable. L'Université Laval vient d'établir un nouveau standard : les autres universités canadiennes doivent maintenant emboîter le pas.

Il y a près d'un an maintenant, j'expliquais dans un billet pourquoi j'allais remettre mon diplôme à l'Université McGill. Il s'agissait pour moi d'une décision difficile motivée par une question éthique fondamentale. En investissant dans les combustibles fossiles, une université se trouve soit à nier la science du climat, ce qui est impensable pour une institution scientifique, soit à financer l'échec de la lutte aux changements climatiques, ce qui est intenable au plan éthique. Nous savons que pour gagner la bataille du climat, la majeure partie des réserves de pétrole, de charbon et de gaz doivent demeurer dans le sol. Investir dans les énergies fossiles, c'est soutenir leur extraction et financer la destruction irréversible du climat. Je ne pouvais demeurer associé à une institution qui tenait une telle position. Devant le refus de l'université de s'engager à désinvestir, avec une trentaine d'autres diplômés, j'ai remis mon diplôme et rompu avec mon alma mater.

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Le merveilleux monarque frappe droit au cœur de la ministre McKenna

Photo: Le merveilleux monarque frappe droit au cœur de la ministre McKenna

(Crédit : Anniclaude Weiss / Fondation David Suzuki)

Par David Suzuki

Catherine McKenna, ministre fédérale de l'Environnement et du Changement climatique, a eu tout un choc dernièrement. Un bon choc. Rien à voir avec la désolante politique spectacle chez nos voisins, non. Mme McKenna était au Mexique, en visite dans les aires d'hivernage des papillons monarques. Imaginez son émotion en voyant des millions de papillons agglutinés dans les sapins oyamel, en pleine montagne, remarquablement discrets malgré leurs couleurs si vives. Notre ministre a ensuite écrit un article touchant, appelant les citoyens du Canada à agir avant que le papillon monarque ne suive les traces de grands disparus comme la tourte voyageuse et le bison.

Les monarques parcourent des milliers de kilomètres depuis leurs aires de reproduction au Canada — celles-ci s'étendaient autrefois du sud de la Saskatchewan jusqu'aux Maritimes. Moi qui ai grandi dans le sud-ouest de l'Ontario, je me souviens que je voyais souvent des monarques, et c'était un spectacle fabuleux de les voir survoler pointe Pelée à la fin de l'été.

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Vous avez les poches pleines d'une espèce en voie de disparition: le caribou

Le Nid du Colvert | Le 22 février 2017 | Laissez un commentaire
Photo: Vous avez les poches pleines d'une espèce en voie de disparition: le caribou

(Crédit : Steve Forrest / Wikimedia Commons)

Par Louise Hénault-Ethier, Chef des projets scientifiques

Vous dénombrez peut-être tous les jours, sans vous en rendre compte, une espèce menacée : le caribou des bois. Comment puis-je compter des animaux secrets qui habitent les forêts boréales, tous les jours, tandis que j'habite en ville? — me demanderez-vous! C'est tout simplement qu'ils ornent nos pièces de 25 sous, parce qu'ils ont tant marqué notre histoire. Mais avec la monnaie qui fait place aux cartes bancaires, peut-être que vos caribous de poche sont aussi voués à l'extinction. Blague à part, il y a quelques centaines d'années, vous auriez pu croiser de vrais caribous près de Montréal, déambuler discrètement dans la vallée du St-Laurent. Les caribous sont ancrés dans la tradition autochtone et ils ont aidé nos ancêtres à survivre.

Les caribous ont survécu à des glaciations, à des feux de forêt et leur population a rebondi quand on a mis un frein à des pratiques de chasse trop intensives. On ne peut donc nier une certaine forme de résilience à cette espèce. Peut-être que si elle pouvait jouir d'un habitat adéquatement protégé, elle pourrait aussi s'adapter aux changements climatiques. Mais voilà qu'au Canada, elle est menacée.

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L'anthropocentrisme fait fi des liens essentiels

Photo: L'anthropocentrisme fait fi des liens essentiels

(Crédit : Moyan Brenn via Flickr)

Par David Suzuki

Depuis des décennies, les scientifiques nous avertissent que nous sommes sur une pente dangereuse. Nous vivons en effet dans l'illusion que la croissance illimitée de la population, de la consommation et de l'économie est possible et qu'elle constitue l'objectif même de nos sociétés. Or, une croissance illimitée est irréaliste dans une biosphère limitée. La croissance n'est pas une fin en soi, mais un moyen.

L'être humain n'est qu'une espèce parmi d'innombrables autres auxquelles il est lié et dont il dépend. C'est pourquoi chacun de nos gestes a des répercussions et comporte des responsabilités. Pendant la majeure partie de son existence, l'humain s'est vu comme faisant partie d'un réseau. Il avait alors une vision biocentrique des choses. En adoptant la position d'espèce « dominante », nous avons commencé à nous voir au centre de tout. Ce point de vue anthropocentrique nous amène à penser que nos besoins et nos attentes éclipsent ceux du reste de la nature.

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Travailler moins pour vivre mieux

Photo: Travailler moins pour vivre mieux

(Crédit : Justin Lynham via Flickr)

Par David Suzuki

Depuis les années cinquante, le monde du travail a connu de grands bouleversements dans les pays développés. Les avancées technologiques ont accentué l'obsolescence de nombreux métiers. La mondialisation a transféré des emplois là où la main-d'œuvre est la moins chère et où les normes sont les moins élevées. La plupart des ménages sont passés d'un seul soutien financier à deux, voire plus. Les femmes sont complètement intégrées au marché du travail, sans toujours bénéficier des mêmes chances, conditions et salaires. Une grande partie de notre travail est inutile et souvent destructrice : elle épuise les ressources, endommage les écosystèmes, pollue l'air, l'eau et le sol, et accélère les changements climatiques.

Pourtant, nous étirons notre vie active en travaillant autant ou plus au sein du même système dépassé et destructeur. Nous nous acharnons à produire, à consommer-jeter et à faire tourner la roue de la croissance illimitée et de la consommation ostentatoire. Le fossé entre les riches et les pauvres ne cesse de s'élargir. Les travailleurs et les chômeurs sont de plus en plus laissés pour compte, accablés par le fardeau de leurs dettes et une compétition féroce pour de rares emplois aux conditions qui se dégradent sans cesse.

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Des REER sans combustibles fossiles, c'est maintenant possible!

Le Nid du Colvert | Le 5 février 2017 | Laissez un commentaire
Photo: Des REER sans combustibles fossiles, c'est maintenant possible!

Par Karel Mayrand

Voici revenue la saison des REER. D'ici au premier mars, les institutions financières vont rivaliser de campagnes publicitaires pour vous convaincre de placer votre épargne chez elles. Il y a du nouveau cette année : pour la première fois, des institutions financières vous offrent la possibilité de désinvestir votre épargne des combustibles fossiles, pour les réinvestir dans les énergies renouvelables et des placements qui ont un impact réel dans l'économie du Québec. Vous croyez comme moi que l'argent de votre retraite ne doit pas servir à détruire notre climat ou à financer Énergie Est ? Lisez la suite.

Qu'est-ce que le mouvement de désinvestissement ?
Le mouvement Divest/Invest qui vise à désinvestir les combustibles fossiles pour réinvestir dans les énergies propres a pris un grand essor ces dernières années. D'après l'organisme 350.org, 5500 milliards $ ont été désinvestis à ce jour par 694 institutions et 58 000 individus dans le monde. Ceci inclut le Rockefeller Brothers' Fund, la Fondation Leonardo DiCaprio, la Fondation David Suzuki, de grandes universités comme Standford, Oxford ou Yale, des organismes caritatifs ou des communautés religieuses. Même le fonds souverain de la Norvège, le plus grand au monde, a désinvesti du charbon et des sables bitumeux. Au Québec, une campagne est en cours pour demander à la Caisse de dépôt et placement du Québec de sortir des combustibles fossiles. À ce jour, plus de 5300 personnes ont écrit à Michael Sabia dans le cadre de cette campagne qui a reçu l'appui du Parti Québécois et de Québec solidaire.

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Nous avons beaucoup à apprendre de la nature

Photo: Nous avons beaucoup à apprendre de la nature

(Crédit : Argonne National Laboratory via Flickr)

Par David Suzuki

Si vous survolez une forêt, vous verrez que chaque arbre et chaque plante pointent vers le ciel pour absorber la source d'énergie par excellence : la lumière du soleil. Pour contre, si vous survolez une ville, vous verrez des toits, des rues et des trottoirs qui ignorent tous les bienfaits du soleil. La recherche démontre que nous ferions mieux de penser davantage comme une forêt.

Les routes solaires pourraient tracer la voie dans cette direction. Les rues, les trottoirs et les terrains de stationnement occupent de vastes étendues. En les utilisant pour produire de l'électricité, nous perturberions moins l'environnement, car nous n'empiéterions pas sur de nouvelles terres pour implanter des installations solaires.

La société française Colas collabore avec l'Institut national de l'énergie solaire français (INES) pour tester la technologie Wattway dans diverses conditions. Au cours des quatre prochaines années, ce projet permettra de recouvrir 1 000 kilomètres de routes existantes d'un mince revêtement photovoltaïque robuste et antidérapant. On estime que cela pourrait approvisionner cinq millions de personnes en électricité. Bien que des critiques s'élèvent au sujet des coûts et de la faisabilité de ce projet, il n'a rien d'utopique. Cette technique est déjà testée et implantée dans le monde entier.

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