Photo: Climat : 400 milliards de raisons pour que le Canada s'affiche comme un leader

Figure 1. Dette totale carbone en milliards de tonnes de CO2
Source : Prof. D. Matthews - http://bit.ly/1Yc5MfZ

Par Par Jean-Patrick Toussaint, Ph. D., chef des projets scientifiques

400 milliards de dollars américains.

Voilà le montant de la dette climatique du Canada selon une étude récente du professeur Damon Matthews de l'Université Concordia, publiée dans Nature Climate Change.

S'il va de soi que la biosphère représente un seul écosystème, fini et partagé par l'ensemble de l'humanité, son utilisation par les pays du monde est très inégale — il en va de même de leur contribution au changement climatique. Par exemple, l'atmosphère, une des composantes essentielles de la biosphère, est le « site d'enfouissement » de nos émissions de gaz à effet de serre (GES) et autres formes de pollution atmosphérique. Or, l'étude du professeur Matthews permet d'évaluer plus précisément cette « dette climatique » des différentes nations.

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En tenant compte de la dette « carbone » des différentes nations (c.-à-d. émissions de CO2 émises de l'utilisation de combustibles fossiles par personne) ainsi que des émissions issues de l'utilisation de terres (agriculture, déforestation) et celles provenant d'autres GES (méthane, oxyde nitreux, dioxyde de soufre), Matthews en arrive à une dette climatique mondiale équivalente à 250 Gigatonnes de CO2 depuis 1990 (année de référence de Kyoto).

En d'autres termes, à 40 $US la tonne de CO2, cela signifie que la dette des pays riches équivaut à 10,000 milliards de dollars américains — soit le montant qui devrait être déboursé afin d'aider les pays émettant le moins à faire face aux coûts associés aux changements climatiques.

Voilà pourquoi le Canada, avec une contribution pouvant, de prime abord, paraître minime (4 % de la dette climatique), se retrouve avec une dette de 400 milliards de dollars américains (voir Figure 1, image principale du blogue).

Alors que les pays s'affichent quant à leurs engagements pour réduire leurs émissions de GES en vue des négociations sur le climat en décembre à Paris, il est à espérer que les résultats du prof. Matthew sur la dette climatique mondiale contribueront à un accord climatique mondial fort et significatif. Mieux encore, souhaitons que le Canada, pays hôte de l'étude, change son fusil d'épaule afin de plutôt mettre l'épaule à la roue!

22 septembre 2015

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